Je me suis appliqué à essaimer quelques milliers d’articles dans des  revues d’entreprises, littéraires, sportives, au Midi Libre.
On pourrait donc me prendre pour un joyeux itinérant. Il n’en est rien. Je n’étais pas un voyageur mais une marchandise avec une étiquette « PRESSE », affichant déjà avant lecture, sa date de péremption.
L’ami Serge Pizzo me demande aujourd’hui de parler de la Belle de Mai, après quelques mois d’un silence bienfaiteur. La démarche me paraît comporter un peu d’absurdité et de prétention. La Belle de Mai n’est pour moi qu’un quartier d’adoption récente. De surcroît il a été largement fouillé, des caves aux greniers, de rues en ruelles, de cœurs en mémoires dans d’excellents ouvrages.
La facilité pourrait me conduire à joindre ma plume au chœur des mécontents. La de Mai n’apparaît pas en effet, dans le décor futuriste maBellerseillais. Tout au plus son nom sert-il de label à des projets pharaoniques qui lui tournent le dos. Mais il est toujours stupide pour un pouvoir, surtout municipal, de créer des laissés pour compte.
On peut comprendre que l’essor soit impulsé vers d’autres directions. A condition toutefois que les occasions, les opportunités de redéfinir l’existant (maternité, friches etc…) soient saisies pour favoriser l’initiative locale et l’imagination des habitants.


Il ne s’agit pas ici seulement de l’imagination des anciens qui se plaisent (on peut les comprendre) à peupler leur quartier d’apparitions du passé. Mais de celles des commerçants, des associations, du CIQ qui proposent des alternatives intéressantes, militent pou une réaffectation de leur maternité, souhaitent s’enrichir d’un parking gratuit proche du théâtre Gyptis, multiplient les animations en faveur du commerce local.
La Belle de Mai est ainsi toujours en quête de changement, sans pouvoir échapper à elle-même. Elle n’apparaît toujours pas aujourd’hui, comme un lieu d’aventure et d’avenir possibles. Elle a certes parfois la tristesse farceuse, le désespoir allègre, mais la jubilation fait le trottoir quant les commerçants mènent la fête. Ah, le temps qu’il faudrait pour évoquer toutes ces chose ! Heureusement qu’à la Belle de Mai on a l’éternité devant soi. Je veux parler ici de celle qui se perpétue par ses habitants encore satisfaits de leur quartier, désireux d’y rester et qui communiquent cette passion à leurs familles, aux jeunes…
Je pense à Samir Khir, à Robert Astic, à Théophile Attanasio, à Serge Pizzo et à tous les autres…
La Belle de Mai ? Son immobilité du passé et sa frénésie du changement sont les deux volets d’une même réalité. Et comme les parois coulissantes d’un immense coffre à images, elle fait naître des souvenirs et des espérances. Sans savoir vraiment si elle va à son destin ou en vient. H.E

Matin de petit marché sur la place Cadenat

André Roubaud

 

Louis

Je me retourne vers un lointain week-end.
Je l’ai traversé sans que rien n’ai arrête mon attention ni mon souvenir. C’est un week-end qui n’a pas existé. Sans doute s’était-il passé des choses importantes, tragiques, parfois  burlesques dans le monde, mais je venais de perdre mon instrument de mesure pour évaluer exactement ces choses-là.
Ma courte chronique restera à jamais celle du deuil.
La présence de Guy Le Calvez couvrait un terrain considérable et toutes les frontières se heurtent encore aujourd’hui à son absence. Dans le périmètre exigu de son petit atelier, il pouvait accueillir une foule d’amis que sa mort deux ans après cimente encore. Et,  j’ai pourtant l’impression, avec quelques uns d’entre eux : Rachid, Daniel, Guy, Marcel, Robert, Nicole, Régine, Anne Marie….qu’il ne nous a pas attendu à un rendez-vous. Tout simplement. Il  vient juste de partir.
Nous attendons quand même…
H.E.

Lisette NARDUCCI présente lors de l'exposition proposée en hommage à Guy Le Calvez, peintre à la Belle de Mai
Guy Le Calvez : adieu l'ami

Lisette NARDUCCI récompense :

- Robert Astic ( à gauche)

- Constant Zacharie ( à droite)

deux peintres de la Belle de Mai.