

C 'est un tête-à-tête, une affaire entre elle et elle, une sorte de doublure, intime, secrète, rituelle, mais qui n'a rien à voir avec l'exhibitionnisme. C'est une histoire de rareté et de mystère. De plaisir aussi. Une façon d'interpréter chaque instant de la vie. C'est la quête de ce qui nous transcende et nous manque...
Les rendez-vous de
FLORE
BARBARA
Il y a plusieurs salles modernes prévues pour les concerts à Amiens et pourtant, Barbara avait choisi de se produire dans le cirque Jules Verne, un vrai cirque en dur comme le cirque d'hiver de Paris.
Les nez sont enfouis dans les écharpes. La fumée des souffles se répand dans l'air en reptation silencieuse. Nous sommes nombreux, encoconnés dans des duffle-coats sombres, à attendre, dans un calme religieux que les portes s'ouvrent.
Un unique projecteur orienté sur son fidèle rocking-chair noir, posé avec grâce à côté du piano à queue, noir, lui aussi. Il ne manque plus que Barbara pour que la composition soit parfaite comme le nombre d'or.
Elle arrive parfaitement à l'heure accompagnée de « ses hommes* » (*ses musiciens).
Sa longue silhouette, si singulière et familière se découpe tel un Giacometti en ombre chinoise.
Elle porte une tunique en velours et un pantalon à pattes d'eph' fendu, noir évidemment.
Noir, parce qu'elle pensait que le soleil était son ennemi et qu'elle devait se protéger et se préserver… comme une grande brûlée. Elle n'aura jamais cessé de porter le deuil de son corps, violé à 10 ans.
Elle savoure les applaudissements et attend que nous cessions, pour nous saluer chaleureusement à son tour. Elle nous explique que la technique avait installé son piano sur l'estrade, mais que non, elle ne voulait pas chanter sur cette estrade mais sur la piste comme les saltimbanques dont elle est, dans le fond, elle aussi.
Elle nous demande d'excuser son choix, mais elle veut profiter de l'aubaine qu'offre un véritable cirque de forme circulaire pour être encore plus proche de nous. Nous ne nous en plaindrons pas.
Elle est majestueuse.
Il faut être en paix avec sa vie pour écouter Barbara.
Il faut pouvoir regarder la photo d'un visage aimé et qui n'est plus, il faut pouvoir relire une lettre cachée au fond d'un tiroir, il faut aimer l'automne et les hivers au coin du feu …
Car sa voix pénétrante chante avec une incroyable justesse notre intimité, elle nous devine et brise ce qui, en nous, résiste par orgueil à l'aveu et aux larmes.
Je ne sais plus ce qu'elle a chanté … je ne sais plus dans quel ordre du moins.
Je lui ai été tellement infidèle depuis …
Néanmoins elle ne m'a jamais quittée, car ses chansons répondent toujours, à l'instant précis où on les écoute, à une émotion que nous sommes en train de vivre… Non pas forcément triste ! Barbara chante aussi amoureusement la joie de vivre que les trains qui partent et les insomnies.
Elle est drôle, là, sur scène, fine et fantasque. Elle nous fait rire entre les chansons ! Et elle nous rappelle qu'il y a des préservatifs à notre disposition à côté des caisses ! Amie des grands blessés, des prisonniers, des « en sursis », Barbara était très engagée aussi dans la cause du Sida « Sid'amour à mort ».
Maintenant, les lumières sont aux couleurs de la nuit comme les plumes de l'Aigle noir.
Elle illumine la salle comme un astre de charbon. Le cou rejeté en arrière et les paumes tournées vers le public, elle chante l'intro à Cappella ; ses mains basculent alors sur son clavier, et nous fait basculer à notre tour dans la folie de l'imaginaire.
Les fans savent que cet aigle, c'est le père incestueux qui venait la voir dans la maison endormie…
Gottingen, le mal de vivre, Drouot, Une petite cantate, Nantes, …
Le souffle est court et la voix voilée est soupirante, (les prémices de sa pneumonie à venir), mais chaque chanson est incarnée par son vécu et ses poses alambiquées.
Le concert s'achève comme une belle histoire qui commence, sur une déclaration.
Le public ne la laisse pas finir la chanson et couvre sa voix en reprenant le refrain : « Ma plus belle histoire d'amour c'est vous »
Une belle histoire d'amour partagée…
La foule est debout.
Barbara quitte la salle sous un tonnerre d'applaudissements.
La 'standing ovation' m'a semblé sans fin.
Des sourires sur tous les visages, des larmes d'émotion qui roulent sur les joues…
Sur les joues du gros barbu a côté de moi aussi ! « Vite essuyer ça avant que les lumières ne se rallument ! » se dit-il.
Barbara sera primée meilleur interprète de l'année aux Victoires de la Musique en février 97.
Du Teppaz au Mp3, c'est maintenant 4 générations qui portent Barbara dans un coin du coeur.
Elle disait : « les disques en studio me semblent aussi tristes qu'une déclaration d'amour dans le vide ». Elle a vécu sa vie d'artiste comme une religion, cachée, recluse et dévouée, et ne sortait que pour entrer en communion avec son public. Elle en avait peur, mais la lumière lui allait si bien.
Lundi 24 Novembre 97: Sainte Flore dit le Calendrier … Il fait froid, il fait triste.
Barbara nous quitte dit la télé …
« tu es partie, fragile
Vers l'au-delà
Et je reste, malhabile
Fa, sol, do, fa
Je te revois souriante
Assise à ce piano-là
Disant "bon, je joue, toi chante
Chante, chante-la pour moi !"
Flore
ECHANGE CHIMIQUE
Mademoiselle,
J'ai tout d'abord pensé qu'aucun homme n'entrerait vraiment dans le secret de vos pensées. Que vous étiez comme ces pluies d'automne, apaisantes, faites pour Debussy, une de ces ondées bien heureuses pour lesquelles les garçons n'hésiteraient pas à se mouiller.
C'est en scrutant vos yeux, dans l'ombre d'un borsalino, que j'ai enfin compris. Pas de doute, j'avais à faire à une scientifique, sans doute à la recherche de la 100ème décimale après 3,14. Ça tombe très bien, car je suis moi-même biologiste ce qui va me permettre de m'exprimer dans notre langage, celui que nous maîtrisons parfaitement et qui échappe tant aux autres. Voilà, je m'explique ou je me déclare. A votre vue et dès ma première visite quelques unes de mes phéromones se sont aussitôt mélangées avec de la phényléthylamine, le tout saupoudré d'un peu de dopamine et d'acétylcholine, ce que le commun des mortels traduirait à peu de chose près par un coup de foudre.
Je suis bien entendu pour l'amour toujours.
Il suffit que nos sérotonines et nos endorphines se rencontrent longuement. D'ailleurs le rapport qualité prix est absolument sans concurrence, puisque les ingrédients nécessaires s'obtiennent par biosynthèse. Autrement dit, nous sommes nos propres producteurs. Mais il y a mieux, vous ne l'ignorez pas. C'est la perspective quasi certaine de notre entente érotico chimique, grâce au ballet parfaitement réglé de nos neurotransmetteurs et à l'adéquation de nos synapses respectives.
Justement, il est temps que je termine cette lettre car je me sens déjà gagné par une impression d'euphorie proche de la béatitude, provoquée de toute évidence par la suractivité de mes endorphines. L'ennui est qu'elles ont aussi un pouvoir religieux. Je prends ce terme au sens latin : relier ou mieux attacher.
Alors, comment pourrais-je vous résister ?...
Monsieur H.
Monsieur H.,
Carte postale de l’Inde
Quelques mots de Jaipur où mes vacances de 3 semaines en Inde se sont achevées.
Un rêve d'il y a plus de 15 ans enfin concrétisé !
Ah la beauté et la discrétion des femmes parées de saris magnifiques, la magie des anciens palais de maharajahs, les odeurs de safran et de coriandre !
On en prend plein les yeux, plein la tête, plein les narines !
D'abord Delhi : Mélange indescriptible de Moyen âge et de modernité avec ses cortèges de misère et ses embouteillages.
Agra ensuite et le souffle coupé devant la beauté parfaite du Taj Mahal. Ah le Taj ! Un édifice somptueux inspiré par l'amour tel un poème de marbre et qui inspire aujourd'hui ce même sentiment aux millions de visiteurs qui viennent le découvrir, un peu comme on vient en pèlerinage.
Envol pour Leh au Ladakh : 3500m d'altitude, un air pur et sec qui contraste avec les 37° humide de Delhi. Là, avec Delphine on visite beaucoup de monastères, on s'imprègne de la culture tibétaine et de la religion bouddhiste.
Le col de Tagangla à 5300m, le 2ème col le plus haut du monde ! Ici aussi on a le souffle coupé, mais au propre comme au figuré.
Manali : plaque tournante du cannabis, hummm ça sent bon partout dans la ville !
Rewalsar Lake : Personne connaît, mais un petit coin de campagne bien paisible avec un lac sacré.
Chandigarh : Ville conçue par Le Corbusier, ce qui en fait presque son seul intérêt avec les bonnes grosses pizzas américaines qu'on était bien contentes de dévorer !
Nous terminons le voyage par Jaipur.
Je « décide » de commencer par visiter l'hôpital … hum hum … Je ne conseillerai pas … à moins de vouloir se donner une idée de ce qu'étaient nos hôpitaux français dans les années 30 ! Sympa la salle commune où tout le monde crachouille autour de moi, oh mimi ma chambre privée avec la climatisation d'où sortent de longs lambeaux de poussières et .. non…je vais vous écœurer. Pff l'antibio me brule les veines c'est insoutenable…
Je veux sortirrrrrr !
Plus que 4 jours à flâner dans Jaipur : Shopping dans les petits bazars animés. Je suis folle entre les bijoux, les saris, les marionnettes, les petites statuettes de dieux indous, les pantoufles brodées, … oups ! Mais que fait cette vache devant la vitrine ?!
Je rêvais de découvertes culturelles, de rencontres pittoresques, de paysages sauvages. L'inde m'a offert toutes ces richesses, toutes ces diversités, alors forcément ça ne laisse pas intact.
Bisous !
A bientôt
FLORE
Carte postale de Corse
Coucou again ! Eh bien oui! Delhi, Agra, Jaipur, ça aurait pu suffire, mais ma santé a quand même souffert. Alors quoi de mieux qu'un petit tour de Corse pour récupérer ?! Ici tous les plaisirs sont réunis…tous MES plaisirs ! Manger ! Des glaces, des pizzas au feu de bois, des gambas grillés, des moules au curry, et of course the charcuterie de Corse et son petit goût de maquis. Dormir. Jouer à la pétanque avec les vieux du village. Nager. Faire du bateau. Bronzer. Se balader.Nourrir les chats errants. Ecouter mon Ipod Etc., etc… J'en oublie !Voilà Corsica mon amour… C'est tout ça à chaque fois, et pratiquement tous les ans depuis + de 30 ans ! Je vous aurai bien écrit cette carte depuis la plage, mais il y a tant d'autres choses à faire à la plage ! Je suis bien affalée sur ma serviette tel un gros python repus de plaisir, ou une petite couleuvre maquisarde assoupie (ne soyons pas féroce avec soi-même !), et je fais rien d'autre, le cou bien calé dans un petit coussin, que de contempler le ciel et guetter le moindre nuage : « Oh un lointain Cyrus ! » C'est plus fort que moi, hop je lui donne vie en voyant dans ses contours et aspérités un dragon à 3 pattes et 2 queues. Allez je le capture en photo ! Je ne pense à rien, ou en tout cas pas au-delà de ces quelques considérations: Qu'est-ce que je veux comme glace? Vanille-fraise ou j'innove avec Nutella-cookie ? On va à quelle plage demain ? Qu'est-ce qu'on fait griller ce soir ??
Vrrrrrrrrrrrrr (c'est mon tél. qui vibre): Non je ne réponds pas au téléphone, sorry.
Allumer l'Ipod quand on n'a plus rien à dire devant tout ce bien-être, et savourer de zapper sur les 8 go de musique ! Eteindre et aller se baigner… et ne même pas pouvoir faire sa mijaurée, les bras agités comme les ailes d'un poulet si une vague m'effleure l'estomac. Non ici l'eau est à 26°. Je peux rentrer dans l'eau en restant digne !
On sort ce soir?… ou pas ? Quelle importance ?! On est bien là.
Allez ! A la douche ! Mais je garde mes cheveux plein de sel ! Parce que c'est curieux mais les bains de mer dessinent des anglaises sur mes cheveux …ça m'a donne un ptit air de Sarah Kay… et moi j'adorais Sarah Kay !...y'a 30 ans !!
Je vous embrasse, à très vite !
FLORE





Mon Amérique à moi par FLORE
Moi et l’Amérique, c’est un peu lié.… Bah depuis que je suis née, j’entends toujours parler des élections américaines au moment de mon anniversaire !! … enfin j’exagère tous les 4 ans mais quand même !…
Toute cette ébullition à la télé, en gros toujours républicains versus démocrates, … qu’est-ce que je m’en foutais moi des états d’âme de l’Amérique ! A l’époque, je rêvais, selon les années, du baigneur Corolle, du dernier zodiac de Barbie, d’un magnétoscope à 6 têtes!...
Et à 14 ans, mon Amérique c’était un peu Luna Park !
Hein ? Ça ne vous dit rien ?! C’est vrai qu’il fut un temps… (Pendant bien 15 ans !), j’ai eu tendance à retenir tous les noms des groupes qui passaient à la radio ! Et les paroles aussi parfois ! La preuve : (sans Google ! Oui avant l’exploit c’était toujours de dire « sans les mains ! » : plus maintenant) :
Extrait :
« Tes états d'âme sont pour moi Éric
Comme les états d'Amérique
Je les visite un par un Éric…. »
Ah !! Vous voyez que ça vous dit quelque chose !! Non pas toi qui est né après 86, et qui a déjàaaaaa Jseulemeeeeeeeeeeeeeeeent L 22 ans !!
Mon Amérique c’était aussi Schmoll … (à cause du chien-loup et d’Elie sans doute)!
« A la place du mort, un chien-loup
Me jetait un regard un peu fou,
Sur la route de Memphis,
Sur la route de Memphis.
…
Je viens vers toi, mais pas dans une Rolls blanche,
Dans un costume un peu élimé aux manches. »
Elie Méromanche je comprenais !! Je croyais que c’était un gars d’une tribu adverse aux Comanches qui aurait été avant-gardiste en lançant la mode des vestes à franges !
Bref, plus tard, j’ai eu des cours d’histoires américaines et ça m’a aidé à y voir plus clair dans tout ça!
Je me souviens très bien devoir apprendre les 50 états par cœur et de cette diagonale ascendante (merci mémoire visuelle) : Indiana, Illinois, Iowa : facile à retenir !
Chacun son truc… Adjani révisait bien avec Gainsbourg !
Bon ça c’est encore un peu plus vieux que Luna Park !
« J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
Je me suis perdue dans le Colorado
On m'a laissée en radeau
Je marche forcée dans le Massachusetts
A côté de mes chaussettes
Et dans quel état serai-je en Utah
Je n'en ferai pas état »
Bon, visiblement l’Amérique n’inspirait pas beaucoup plus Gainsbourg…
Mais cette année, je sens que les Etats-Unis vont nous inspirer et que les élections vont s’inscrire dans l’histoire d’une façon autrement plus marquante que précédemment.
Les candidats sont : John Mc Cain, sénateur de l’Arizona, pour le Parti Républicain et Barack Obama, sénateur de L’Illinois (au milieu de la diagonale si vous suivez !) pour le Parti démocrate.
Arizona dream était un excellent film… Non nous n’aurons pas un mauvais remake avec Arizona Nightmare et son casting de fachos, tous le steak au bout du fusil, éparpillés sur une route 66 où les terroristes tant attendus ne viendraient de toute façon, jamais se perdre !
8 ans de règne républicain et les américains ont le moral dans les chaussettes dans le Massachusetts et sont grave déprimés dans le New Jersey ! 11 septembre, guerre en Irak, crise financière…
Pour une fois, je me sens investis dans ces élections !
Déjà ça tombe enfin pile poil le jour de mon anniversaire : le 4 novembre, ensuite c’est un mardi et y’a personne qui voudra sortir… donc autant mater la télé… et enfin parce qu’il va se passer un truc incroyable dans l’histoire des Etats-Unis : Un homme de couleur va être élu président !
Une vraie révolution, quant on sait que ça serait le cauchemar de trop d’américains, de voir triompher un cavalier noir sur l’échiquier de la Maison-Blanche.
Ca va me plaire d’assister à sa victoire aux élections!
…Et c’est une fan de Scarlett O’hara qui parle ! Eh ouais… moi une mamma noire qui aurait lacé mon corset le matin et qui m’aurait démêlé les cheveux le soir ça m’aurait bien plu. (Mais c’était avant de savoir ce que cela signifiait vraiment…).
Oui, comme la majorité des français, je l’aime bien moi Barack Obama !
J’aime sa politique, son physique et la couleur de sa peau, qui porte comme un drapeau, les stigmates d’un peuple soumis pendant des siècles aux blancs.
Quand même, c’est bien dommage diront certains, cette couleur… Car si Obama n’est pas un vrai afro-américain (sa mère est blanche, son père kenyan, et ses aïeux n’ont jamais ramassé le coton au rythme des coups de fouet !) il ne faut pas se leurrer, derrière le politiquement correct à visage pâle, la couleur d’Obama fait peur et irrite tandis que celle de Roswell attendrie ! Un laveur de carreaux noir oui, un président noir…
La victoire n’en sera que plus belle !
…Voir les portes de la Maison-Blanche s’ouvrir à Obama tandis qu’il n’y a que 40 ans en arrière, celles d’un simple bus se seraient refermées devant lui.
Naturellement, il sera élu sur ses idées, mais comme moi ce soir, ce ne sont pas ses idées que les médias retiendront à ce moment là.
Je pense à un truc à l’instant même ?! Serait-ce pousser la comparaison trop loin que de voir dans les différentes versions de la planète des singes, un parallèle visionnaire ?
Non, par ce que je me souviens dans le film, La conquête de la planète des singes, de singes éboueurs, balayeurs, porteurs, … qui occupent les postes les plus fatigants et les plus dénués de reconnaissance : Est-ce qu’on ne peut pas faire la comparaison avec la communauté afro-américaine ? Enfin je pose la question mais, je me doute que c’est ce que l’auteur a voulu pointer… La discrimination dont sont victimes les singes renvoie directement à la ségrégation des noirs ainsi qu’à sa prise de conscience qui a abouti aux effroyables émeutes raciales qui ont ensanglanté l’Amérique dans les années 60.
Et puis, il y a la crainte des singes face au caractère dominant de la race blanche, qui est dépeinte comme un clin d’œil à la traite des noirs africains, à leur mise en esclavages et leur exclusion dans les quartiers les plus sordides des villes.
Dans la version de Pierre Boulle aussi (la version de la statue de la liberté !), il y a allusion à la xénophobie : les singes sont cruels à l’égard de la race inférieure des hommes, ce qui nous balance en plein nez, un miroir à peine gaussé d’un racisme à visage humain.
La version de Burton, qu’on aime ou pas, propose une fin avec un futur encore différent :
Un singe guerrier reprend la tête de son armée, et tel Abraham Lincoln, s'implique dans une guerre civile contre l'esclavagisme et finit par sauver son peuple de l’asservissement.
La statue du singe guerrier trône à la maison blanche comme un nouveau Lincoln, symbole d’un peuple enfin libre.
Alors ce soir, je me disais, que si dans l’imaginaire de Burton, un singe aux allures du Che, pouvait se retrouver à la Maison-Blanche, pourquoi pas, dans mon Amérique à moi, y installer pour 4 ans, le jeune démocrate Barack Obama ?!
Moi j’y crois à 100% et je sais que ça sera une belle surprise pour l’Amérique et le reste monde ce mardi 4 novembre…
Allez, je referme la parenthèse de mon esprit distrait, et retourne à mes mariés !

Mon chien c’est quelqu’un!
Ce soir, je suis bien triste. Mon chien adoré va mourir. Je suis en panique. Je veux capturer chaque minute qui reste. Je ne cesse de le regarder, le toucher… Je le prend en photo ! Quelle idée malsaine! Je vois ses yeux qui me disent « je suis si triste de voir tes yeux tristes ». Tu es assis sur le perron à profiter une dernière fois du vent qui vient flirter avec tes babines. Tu sais que tu ne tiendras plus longtemps. Cette photo ce n'est pas toi.
Pourquoi est-ce que je viens décrire ici une émotion si personnelle ? … Sans doute parce que peu de gens comprennent l'amour qu'il peut y avoir entre un homme et un animal. Sans doute parce que j'ai envie de dire que ça compte, même si c'est juste un chien qui vous préfère au reste du monde.
Joker. Un attachement inconditionnel tu m'as donné. Un attachement inconditionnel je t'ai rendu.
J'étais toujours contente de t'avoir à mes côtés. Je te cherchais quand je ne te voyais pas. Je ne te disais jamais rien quand tu faisais pipi dans le salon ; j'essuyais simplement et je me disputais avec maman si elle te rouspétait. J'étais toujours heureuse quand tu venais vers moi, même quand, dans un débordement de joie, tu mettais tes pattes sur ma jupe blanche. J'étais ravie quand tu étais jaloux de mes petits copains et que tu les regardais de travers. Et puis, plus tard, j'ai dû partir à Paris. J'appelais souvent à la maison pour savoir si tu allais bien et ça me faisait sourire quand tu faisais un peu la tête à mon retour parce que j'étais partie trop longtemps. Aurai-je une âme de chien pour t'avoir moi aussi montré mon amitié et ma fidélité sans faille ?
Après une semaine de lutte acharnée, la maladie semble avoir gagné la bataille. Ton cerveau ne fonctionne plus bien. Par moment tu ne me reconnais plus. Le vétérinaire dit que ton état va bientôt te faire souffrir physiquement. Mais il nous fait déjà tellement souffrir autrement.
Allez viens dans mes bras ! Je souris parce que tu glisses ta tête dans mon cou, comme la première fois, quand je t'ai choisi. Le vétérinaire pique une nouvelle fois ton dos. Tu vas t'endormir. Chuuut ça va aller maintenant. Voilà. Je sens tout le poids de ta tête sur mon bras. C'est fini. Je rentre seule à la maison.
Je vais poser mon sac dans la chambre et je découvre avec stupeur ta photo, posée depuis des mois sur ma coiffeuse, au milieu de la pièce ! Il n'y a pourtant pas de courant d'air…
Je rentre dans la salle de bain. Non ! La deuxième et dernière photo de toi qu'il y a dans la maison n'est plus au mur ! … Le cadre s'est décroché puis tombé dans l'eau de la baignoire que je n'avais pas vidée. Pff la photo est toute floue à présent. Ah non ! Ce sont peut-être mes yeux qui voient flou.
Décidément mon chien c'est quelqu'un* !
(*excellent sketch de R. Devos)
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La veille que Joker ne tombe malade, je relisais Tombouctou de Paul Auster. Je n'arrive pas à le finir cette fois. C'est Mr Bones, un chien qui fait la narration !
Mr Bones raconte ses pensés de chien, pures et puériles, et philosophe sur le sens de la vie, l'illusion et le rêve, la bonté patiente, l'attachement à son maître qui est sa raison d'être, la liberté.
Entre la réalité et le fantasme, Paul Auster décrit à merveille la tendresse qui unit un poète vagabond à son compagnon philosophe à quatre pattes, avec délicatesse, humour et poésie aussi.
Je vous conseille vivement ce livre ! Mais attention c'est un roman narré par un chien qui pense ! Une sensibilité canine ou une grande ouverture d'esprit est préférable pour aborder ce livre.
FLORE

