Viens cocotte, viens cocotte, viens…
La plupart des salons littéraires sont agités comme des poulaillers. La basse-cour culturelle n’a rien de très pétillante et tout récemment j’ai rencontré une dinde en chaleur qui vous entortillait de citations et de références. Sa culture ainsi tartinée cherchait à déclencher chez vous le désir de lire son livre. D’autres auteurs lui tournaient autour, ils ne parlaient guère de littérature, trop occupés à faire la roue comme des paons. Un canard déchaîné, avide d’entendre les derniers crottins, se déplaçait lentement entre des dindons de la farce et des pintades hystériques et bruyantes. Seule, une oie brune, sèche, le cou dressé, évoluait un peu à l’écart, cherchant à vous vendre en douce quelques unes de ses photos pornos du mois de Mai 1968. Trois petits tours et puis s’en va…au bras d’un éditeur spécialisé dans le livre de cul.
H.E.
INDIGNEZ- VOUS !
« 93 ans. La fin n’est plus bien loin »
J’emprunte cette formule et le titre de ce papier au petit livre de Stéphane Hessel, remarquable personnalité qui vient de se hisser au premier plan de la notoriété au milieu du concert et des couacs de notre société, entièrement orientée vers le jeunisme. Ceux qui ont lu son bouquin ont pu se nourrir de la formidable expérience de ce grand résistant. INDIGNEZ-VOUS, bien sûr la période est mal choisie, me dira-t-on, et pour quelles raisons s’indigner ? Entre deux bulles de champagne, des cris de joie ou des silences qui mentent, vous trouverez, j’en suis persuadé. Afin de vous aider, j’ai repris sa propre liste : écart grandissant entre riches et pauvres, l’état de la planète, le traitement fait aux sans papiers, aux immigrés, aux Roms ; la course au « toujours plus », qui ne vous donne que du moins…Alors n’hésitez plus : INDIGNEZ-VOUS… pacifiquement en faisant péter votre bouchon…de champagne.
H.E.


Chanter la pomme
Les Québecois disent « chanter la pomme à une fille ». Expression énigmatique, n’est-ce pas ? Quelle pomme ? On pense évidemment à celle échangée entre Adam et Eve, sous l’influence du serpent. L’image biblique est bien trop misogyne pour devenir un jour une expression galante. Alors ? Il s’agirait en fait de « la paume des jeunes filles » que les amoureux pressaient d’une certaine façon à l’occasion des danses carrées. Une façon habile de prévoir l’après-danse et d’organiser un rendez-vous en toute discrétion et sans prononcer une parole. Habile, non ?




J’aimerais vous écrire une belle carte postale et pas ces mots électroniques,
J’aimerais vous écrire des mots en guirlandes pour suspendre à vos lèvres,
…Vous souffler des baisers d’iles lointaines pour réchauffer les courants d’air.…Vous chanter un air de jazz, pour faire swinguer vos pieds,
Et voir rosir les joues et briller les yeux de l’enfant qui encore s’émerveille. FLORE
L'art n'est pas sage ou s'il est sage, ce n'est pas de l'art.
PICASSO




Les lignes de Sérial Traider.
UN: Vous la croyez virtuelle? Ou bien une créature de papier? Et pourtant, elle existe dans la vraie vie...Alors pourquoi l'avoir choisie elle, plutôt qu'une autre?
Suite aux éditions du Polar



Désirée est un personnage de papier qui est totalement incontrôlable. Sans doute a-t-elle était fabriquée par son auteur dans de la pure pâte à fantasmes? Vous voyez? Comme Nadja, sylphide...ces femmes qui n'existent pas mais qui n'en sont que plus redoutables, car impossible à rapprocher du comportement des gens croisés au quotidien. Mais allez savoir ?


A votre santé
Je sais qu’il est encore un peu tôt pour me poser la question, mais que reste-t-il de vous en cette fin d’année 2011 ? L’image d’un petit homme au veston vite étriqué, élu de façon royale en 2007, pour devenir un fil du temps un vulgaire chef d’une tribu de parlementaires droitiers. L’ombre de quelques présidents, aussi insignifiants que vous plane dans mes souvenirs. On se moque de Thiers comme du quart. Mac-Mahon nous a laissé quelques mots historiques : Que d’eau ! Que d’eau ! On parle encore du chapeau de Loubet, de la cravate de Fallières, de la casquette de Poincaré et des pieds plats de Lebrun. Quant à Félix Faure, il n’est pas mort sans sa connaissance, puisqu’elle était dans ses bras. Je ne vous souhaite pas bien entendu, de tomber d’un train, ni d’avoir des maîtresses dévorantes. Mais à mes yeux, un président n’est plus aujourd’hui qu’un personnage aussi dérisoire qu’un petit suisse. Vous y avez largement contribué. C’est dans cet esprit que je lève mon verre à…
H.E
Le billet de Xavier LE FLOCH
2012 connaît pas la crise !
Deux mille douze, année de partouzes
Hommes et femmes vont tomber la blouse
A la poubelle les disques de blues
Et les crises d’hystéries jalouses
Cette année les musiques seront
Des râles de plaisir en accordéon
Les corps nus s’entremêleront
Vibreront fort les vits et les cons
Deux mille douze, l’année de l’amour
Doux mais animal chacun de ses jours
A leurs crises nous resterons sourds
Pétillera l’envie tout le long des cours
Belle année du grand fatras
Au beau buffet nous serons tous là
Seul le nain Tout-Seul n’y sera pas
Pimprenelle quittera Nicolas
